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David Poulet (Amiral Gestion) : « Nous avons trouvé des idées d’investissement pertinentes »

Sextant Bond Picking, le fonds obligations internationales d'Amiral Gestion a vocation à investir dans un univers d'investissement très large.

Achevé de rédiger le 24/08/2018

david poulet amiral gestion

Reconnue pour son expertise sur les marchés actions, Amiral Gestion dispose également d’une équipe spécialisée dans l’investissement obligataire. Une classe d’actif qui est d’ailleurs présente dans le fonds Sextant Grand Large. L’année dernière, la société de gestion a lancé son propre fonds « obligations internationales », Sextant Bond Picking. David Poulet, co-gérant du fonds avec Jacques Sudre, nous explique la stratégie mise en œuvre.

mes-placements.fr. Le fonds obligataire Sextant Bond Picking a été lancé en mars 2017. Quel bilan faites-vous de la 1ère année de gestion ?

David Poulet. Notre prudence a payé. Sur 1 an glissant, la performance de Sextant Bond Picking est positive alors que la moyenne des fonds de la catégorie est en baisse. Les valorisations sur les marchés obligataires sont dangereuses, en raison des politiques monétaires expansionnistes qui s’éternisent. Malgré cet environnement difficile, nous avons trouvé des idées d’investissement pertinentes. Nous aurions aimé déployer plus rapidement nos capitaux mais nous demeurons très disciplinés dans nos critères d’investissement. C’est pourquoi nous conservons encore 40 % de liquidité.

mes-placements.fr. L’environnement de marché est marqué par une forte compression des taux d’intérêt et des marges de crédit. Le moment est-il bien choisi pour investir sur des titres obligataires ?

David Poulet. Le moment n’est pas opportun pour investir sur un fonds obligataire classique. L’indice Investment Grade ne rémunère que 0.8 % brut sur une duration de 6 ans. De même, les spreads (marge de crédit) du High Yield rémunère mal le risque aujourd’hui. Pour avoir du rendement avec un risque convenable, il nous faut donc sortir des sentiers battus. Nous travaillons beaucoup sur les émissions non notées par les grandes agences, les papiers ayant un facteur de complexité technique ou encore les zones et secteurs qui ne sont pas à la mode. De même nous investissons en dehors de la zone euro, dans des zones qui subissent moins l’effet des politiques des banques centrales, tout en couvrant le risque de change. Nous avons également fait le choix de conserver une partie du portefeuille sur des liquidités, dans l’attente de nouvelles opportunités d’investissement.

mes-placements.fr. Votre approche par rapport au risque de taux se veut aussi très prudente.

David Poulet. La première prudence est de s’assurer que l’obligation sera remboursée à l’échéance. Il est donc essentiel de réaliser une analyse crédit très poussée. Le deuxième niveau de prudence, c’est de ne pas embarquer trop de risque de taux en privilégiant les émissions dont la duration n’est pas trop longue ou des émissions à taux variable.

Une obligation d’entité publique : La province de Buenos Aires (Argentine) – « Notre ADN est plus porté sur l’investissement dans des entreprises que sur des émetteurs souverains sur lesquels les enjeux politique et macroéconomiques sont par essence dur à appréhender. La Province de Buenos Aires est une petite position qui fait figure d’exception. Il s’agît d’une souche en euros, offrant un spread plus intéressant que les souches en USD et avec une duration extrêmement courte car amortissable par semestrialité. Les difficultés de l’Argentine sont principalement d’ordre politique. Or, 80 % de l’obligation sera remboursé avant les prochaines élections en 2020. La dernière semestrialité sera payable quelques mois après. Le risque politique est donc largement réduit. Le pays est, par ailleurs, faiblement endetté avec une dette surtout détenue par des agences gouvernementales et bénéficier par ailleurs de l’appui du FMI ».

mes-placements.fr. Sur quels critères sélectionnez-vous les titres obligataires sur lesquels vous allez investir ? Quels sont les profils des sociétés ou des États que vous visez ?

David Poulet. Notre stratégie obligataire est fondée sur les mêmes principes que ceux utilisés pour les actions :

1 – parcourir un univers d’investissement très large (géographique, sectoriel, taille des émetteurs, monnaies…) ;

2 – s’imposer des critères d’investissement très stricts ;

3 – aller sur des segments de marché moins efficient, c’est à dire sur des obligations non notées ou présentant des facteurs de complexité. Le fait qu’il y ait des caractéristiques techniques supplémentaires ne veut pas dire qu’il y ait plus de risque. C’est à nous de faire un important travail d’analyse. 34,6 % du portefeuille est ainsi composé d’obligations qui n’ont pas été notées par une agence de notation ;

4 – être contrariant. Il faut accepter de regarder ce qui n’est pas à la mode, dans des environnements qui peuvent être en crise là où ne vont pas les autres investisseurs.

5 – rester fondamental. Nous n’achetons pas un titre pour profiter d’un flux d’acheteur positif. Nos choix reposent toujours sur une analyse objective de la solvabilité de l’émetteur et « à échéance du titre ».

mes-placements.fr. Qu’en est-il pour le secteur de l’immobilier, très bien représenté.

David Poulet. C’est un secteur que l’on connait bien. Nous apprécions de prêter lorsqu’il y a des actifs tangibles en contrepartie. C’est un secteur qui rémunère assez bien les investisseurs obligataires. Il faut cependant être sélectif sur la typologie d’immeubles que l’on finance et être prudent lorsque la typologie d’immeuble est risquée (entrepôts, retail park, taux de capitalisation trop bas…).

Un investissement réalisé dans le secteur de l’immobilier : Cibus « Cette société détient des murs de supermarché en Finlande. Un pays où Amazon n’est pas présent, en raison de la faible densité de population qui rend difficile la livraison. Ce marché est d’autant plus intéressant qu’il est récemment passé en duopole, ce qui a permis de rationnaliser le parc immobilier. Nous avons également une bonne visibilité sur la pérennité économique des principaux locataires. » 

mes-placements.fr. Votre univers d’investissement est mondial. Quelles sont les zones où vous décelez le plus de potentiel ?

David Poulet. Les spreads les plus bas au monde sont en Europe, cela a donc un grand d’intérêt d’acheter dans d’autres devises que l’euro et de couvrir ensuite le risque de change. 48,5 % du portefeuille n’est pas en euro. C’est en sortant de l’Europe qu’on trouve le plus de rémunération, que cela soit en dollar ou dans les pays émergents. La zone où le gisement est aujourd’hui le plus riche est l’Amérique latine.  

La question de l'expert

mes-placements.fr. 14 % du fonds est investi sur le secteur de la finance et notamment sur des titres de dettes subordonnées bancaires. Comment gérez-vous le risque lié à cette catégorie d’obligation ?

David Poulet. Le risque est effectivement plus important, comme nous avons pu le constater avec le dossier Banco Popular. Mais la classe d’actifs demeure très intéressante car extrêmement complexe. En contrepartie, il y a plus de chance de trouver une situation où le rapport rendement/durée/risque est attractif. Aujourd’hui nous ne touchons pas aux CoCos Bonds dont l’asymétrie rendement/risque nous parait très défavorable aux préteurs. Nous privilégions au sein des souches perpétuelles, les « legacy », des titres émis sous l’empire Bâle II qui perdent leur caractéristique réglementaire au fil du temps. Si ces titres n’ont pas de date d’échéance exacte, ils connaitront tous une « disqualification » d’ici 2021. Ces subordonnées bancaires n’auront alors plus d’intérêt pour les émetteurs, ce qui en fait donc économiquement des papiers de court ou moyen terme. Dans notre portefeuille, nous détenons par exemple des titres de Cofinoga et Fortis, 2 filiales de BNP Paribas.

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