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Coronavirus : que faire face aux marchés ?

Que faire face à la crise des marchés liée à la pandémie de Coronavirus ? L’avis de mes-placements.fr.

Achevé de rédiger le 20/03/2020

La peur d’une pandémie et ses conséquences économiques vertigineuses viennent de précipiter les marchés financiers dans une tourmente d’une violence inédite. La volatilité des bourses atteint un niveau inégalé, encore supérieur à celui observé en 2008. Le CAC 40 a plongé de 38,6 % depuis le pic du 19 février. Il se situe désormais sous les 4 000 points, loin de la barre des 6 000 points franchie pour la première fois en fin d’année dernière. De son côté, l’indice CAC Mid&Small a fléchi de 36,6%. L’indice américain S&P 500 a cédé pour sa part 29,2 % depuis son plus haut, tandis que l’indice MSCI World a reculé de 27,1 %.

Toutes les classes d’actifs mobiliers sont touchées. L’effondrement des actions est le plus spectaculaire, mais le crédit (obligations privées) et les matières premières ne sont pas en reste, jusqu’à l’or et les mines qui flanchent après un bref sursaut. Le cours du pétrole, victime d’une guerre entre producteurs (Arabie Saoudite, Russie) pour conserver des parts de marché, s’est effondré. Ces bouleversements annoncent-ils la nuit économique ?

Réaction immédiate des banques centrales et des gouvernements

De partout, des contre-feux s’élèvent afin de tenter d’endiguer la propagation du coronavirus. Le souci peu contestable de préserver avant tout des vies humaines justifie des mesures drastiques de confinement, freinant brusquement l’activité, dont les répercussions économiques seront lourdes.

Aussi en parallèle, les autorités du monde entier sont à la manœuvre pour éviter l’asphyxie. Les gouvernements organisent des aides d’urgence, des allègements de charges, des moratoires, anticipent des investissements, au détriment d’engagements budgétaires enterrés sans hésitation.

Les banques centrales, pour certaines d’entre elles (Etats-Unis, Royaume-Uni, Norvège), baissent leur taux directeur, sans grande approbation par les marchés qui y voient plutôt une preuve d’inquiétude. La banque de Chine a abaissé le taux de prêts aux entreprises. Davantage contrainte par un taux de prêt déjà négatif, la BCE prévoit des refinancements privilégiés pour les banques, un assouplissement de leur réglementation et un soutien au marché du crédit. Elle a également annoncé le 18 mars un programme d’achats d’obligations de l’ordre de 750 milliards d’euros. Tous les instituts d’émission se déclarent prêts à aller plus loin. Probablement le faudra-t-il, tant les mesures sanitaires entrent en conflit avec la poursuite d’une activité normale.

Récession à court terme, inconnue à long terme

Faire un pronostic sur la durée de la crise et son impact économique relève aujourd’hui de la divination, tant l’incertitude est grande. La réponse viendra avant tout du monde scientifique. D’ores et déjà, le 1er trimestre et probablement le 2ème feront ressortir une récession dans nombre de pays.

Au-delà, toutes les conjectures sont autorisées. Si le virus est jugulé à l’horizon de quelques mois, une part de l’activité aura été définitivement perdue, mais la production rebondira, les stocks seront reconstitués et l’effet macro-économique à peu près effacé au bout de quelques trimestres. Cette hypothèse optimiste est prudemment soutenue par la nette décrue des cas de maladie en Chine, d’où est partie l’épidémie, ces dernières semaines.

Si en revanche la pandémie s’étend et persiste, géographiquement et démographiquement, le risque d’une vraie dépression existe, spectre qui a manifestement agité les marchés ces derniers temps.

Bourse : l’attentisme est de mise

Que doit, que peut faire l’épargnant confronté à ce maelstrom ? L’intervention sur des bourses qui ont bradé tous les secteurs sans discrimination paraît tentante à première vue : il n’est pas évident que des secteurs tels les télécoms, les services aux collectivités, la santé, la distribution alimentaire soient fortement affectés, quand d’autres liés au pétrole, aux transports, au tourisme payent déjà le prix fort. D’autre part, on ne rencontre pas souvent des sociétés de qualité avec des ratios cours/bénéfice de 3 ou des rendements de 12 ou 15 %.

Mais les prévisions sur lesquelles sont basés ces chiffres ne seront pas avérées, sauf exception. Si l’activité rebondit vite, les cours actuels présentent souvent une sorte d’aubaine, même avec un inévitable pincement des résultats au 1er semestre ; mais si la pandémie persiste et s’étale, la fièvre boursière en fera de même et l’horizon de la rédemption est alors trop lointain.

De plus, l’effarante volatilité du moment, avec des variations d’indices qui peuvent s’élever à plus de 10 % par jour, rend aléatoire tout positionnement tactique, y compris sur les fonds, qui se traitent à cours futur donc inconnu. S’abstenir d’intervenir est la solution la plus sage, ceci étant valide également à la vente car la perte de valeur des actions entérine déjà souvent une longue période d’exploitation négative. Seul un scénario extrêmement noir justifierait une sortie à ces niveaux.

Forte sélectivité requise sur les obligations d’entreprises

Il n’y a aucun intérêt à chercher refuge sur les obligations d’Etat, au rendement proche de 0 %. Conserver sa trésorerie est bien plus recommandable pour l’instant.

Le marché de la dette d’entreprise suit, à distance, celui des actions, avec une volatilité assez proche. Les rendements des obligations d’entreprise ont fortement augmenté mais en cas de prolongation de la crise, le détenteur s’expose à un risque important, avec des défauts de paiement potentiellement nombreux. Les coupons apparaissent substantiels, mais la prudence exige au minimum une sélection très attentive des signatures. La qualité des fondamentaux de l’emprunteur reste plus que jamais à surveiller.

Les banques centrales ne soutiendront pas l’or

Quant à l’or, dont le cours a dévissé de 11,8 % depuis le 9 mars, son intérêt est mitigé. La perte de culture de l’or-placement dans les pays traditionnels -Europe centrale, France- et les difficultés du moment en Chine et Inde, gros débouchés de la bijouterie, ont largement placé ce marché dans les mains des banques centrales, qui le régulent selon leur intérêt ; et celui-ci n’est pas de voir monter actuellement ce thermomètre de la défiance !

L’immobilier, valeur refuge à nuancer

Reste l’immobilier. Les soubresauts des marchés financiers ne l’atteignent que de façon amortie, et avec retard. Bien soutenu par une offre qui peine à rencontrer la demande, et pas seulement en France, dopé par des conditions de crédit ultra-favorables sans équivalent historique, il présente l’image d’un ancrage paisible en ces temps erratiques.

Mais du fait de ces causes il est cher, voire très cher, ce que démontre le coût du logement au zénith en regard du revenu des ménages, et les prix ne résisteraient pas en cas de crise prolongée. Si celle-ci se dissipe en quelques mois, il n’y aura en revanche guère de séquelles, en tout cas sur le marché résidentiel.

L’immobilier de rendement (SCPI de commerces ou de bureaux notamment) sera bien entendu plus sensible à la santé des entreprises : outre les possibles suspensions de loyers, les risques de défaillances d’entreprise à moyen terme sont élevés et pourraient avoir un impact sur les revenus versés aux porteurs de parts. Des risques tempérés toutefois par les réserves constituées pour lisser les rendements dans le temps et la diversification des actifs immobiliers.

Le rebond des marchés financiers, un espoir à l’horizon

Comme toujours lors des grandes perturbations, la liquidité est reine, ce qui peut passer par des séjours plus ou moins temporaires sur les fonds en euros des contrats d’assurance vie. Laisser les marchés retrouver leurs esprits, et donc la volatilité retomber, semble la tactique la mieux adaptée.

Les surveiller est toutefois conseillé : si, comme les avancées scientifiques et les mesures de confinement le laissent espérer, la pandémie reflue dans un avenir assez proche, un rebond vigoureux des actions mondiales de 25 ou 30 % -la moitié du terrain perdu- est une vraisemblance assez forte.

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