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Sébastien de Frouville (Comgest) : « profiter de l’émergence de la classe moyenne en Chine »

Les marchés émergents regroupent des environnements très différents. Comment y réussir ces investissements ? La méthode du fonds Magellan décryptée.

Achevé de rédiger le 06/04/2018

sebastien de frouville comgest

Proposé par la société de gestion Comgest, le fonds Magellan est investi dans des actions des pays émergents. Le fonds met en œuvre une stratégie prudente en ciblant des sociétés à forte visibilité. Au cours des 5 dernières années Magellan a réalisé une performance de + 43,40 %, largement supérieure à son indice de référence (+ 26,84 %). Sébastien de Frouville, Responsable des Relations Investisseurs de Comgest, s’exprime sur la méthode de gestion appliquée par les 18 gérants-analystes du fonds.

mes-placements.fr : Comment est organisée la gestion du fonds Magellan ?

Sébastien de Frouville. C’est le fruit d’un travail d’équipe. Nos gérants/analystes basés entre Paris, Mumbai, Singapour et Hong Kong, sont au nombre de 18 avec quasiment autant de nationalités représentées. Chacun d’entre eux dispose d’une spécialisation géographique. Les décisions d’intégrer ou pas les sociétés dans l’univers d’investissement sont prises de manière très consensuelle. En pratique, un gérant qui souhaiterait ajouter une valeur doit convaincre les autres de son intérêt.

mes-placements.fr : Quels sont vos principaux critères de sélection ?

Sébastien de Frouville. Nous mettons en œuvre une stratégie de « stock-picking » (analyse et évaluation des entreprises). La sélection des valeurs se concrétise en fonction de la qualité intrinsèque des entreprises. Deux critères sont essentiels à nos yeux : la qualité et la croissance.

Pour nous une valeur de qualité est une société ayant le profil d’une franchise au sens anglo-saxon du terme. Autrement dit qui ne soit pas trop sensible à la concurrence. Pour cela elle doit donc être capable de fixer les prix. Par contre, nous n’apprécions pas les titres trop sensibles aux cycles économiques, ce qui exclut, par exemple, les sociétés œuvrant dans le secteur des matières premières.

À travers la notion de « croissance », nous ciblons les sociétés capables de réaliser une croissance de leurs bénéfices pour les 5 prochaines années de 10 % et un retour sur capitaux propre (ROE) de 15 %. Lorsqu’une entreprise respecte ces critères, elle intègre les 150 titres de notre univers d’investissement.

mes-placements.fr : Votre positionnement favorise-t-il l’investissement dans certains secteurs d’activités?

Sébastien de Frouville. Nous visons des titres de qualité, au profil plus défensif. Le « stock-picking » mené par nos gérants met en avant des secteurs comme la consommation. Magellan a également vocation à profiter de l’émergence de la classe moyenne de pays comme la Chine. Pour cette raison, nous montrons un grand intérêt pour les thèmes de l’assurance-vie et des services financiers mais aussi pour les sociétés              « internet » et les jeux en ligne.

La première ligne du fonds Magellan : TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) : « cette fonderie de semi-conducteur fabrique des composants pour smartphone. Avec près de 50 % de parts de marché, la société est le leader mondial du secteur. Elle a profité de la miniaturisation des puces électroniques pour instaurer une importante barrière à l’entrée sur son marché. Aujourd’hui, cela couterait près de 10 milliards d’euros aux nouveaux entrants pour monter une usine capable de fabriquer, comme elle, des puces de 7 nanomètres. »

mes-placements.fr : Pourquoi avoir fait le choix de concentrer votre portefeuille sur un nombre restreint de valeurs (entre 40 et 45 titres) ?

Sébastien de Frouville. Ce portefeuille concentré nous permet de très bien connaitre les sociétés sur lesquelles nous sommes investis. Une étude publiée par le CFA Institute démontre également qu’à partir d’une trentaine de titres, le gérant ne diversifie plus vraiment son portefeuille. Les fonds positionnés sur 100 ou 150 sociétés sont donc faussement diversifiés. Enfin, si vous regardez la performance d’un fonds sur une longue période, vous vous rendrez compte que ses résultats sont le plus souvent tirés par quelques titres seulement.

mes-placements.fr : Le MSCI Marchés Émergents est l’indice boursier qui mesure la performance des marchés boursiers de pays émergents. De manière assez surprenante, il prend en compte les entreprises Sud-Coréennes. Quel regard portez-vous sur ce pays ?

Sébastien de Frouville. C’est une Arlésienne. La Corée du Sud n’a plus rien d’un pays émergent. Le MSCI Emerging Markets la garde dans l’indice car sa monnaie, le won, n’est pas traitable 24 heures sur 24. Jusqu’à présent nos gérants n’y ont pas trouvé beaucoup d’opportunités d’investissement du fait de la mauvaise gouvernance de ses entreprises. L’État et les grandes sociétés marchent main dans la main. Les événements nous ont d’ailleurs donné raison. Le fils héritier du président de Samsung a été condamné à 5 ans de prison pour corruption. Or Samsung pèse tout de même 20 % du PIB Coréen. Mais en le condamnant ainsi, la justice a voulu en faire un exemple. Nous pensons que cela peut entraîner des changements structurels. La décote que l’on appliquait en raison de la mauvaise gouvernance a moins lieu d’être. Nous avons d’ailleurs intégré Samsung dans notre portefeuille.

Un titre apprécié par la société de gestion : China Life Insurance : « assureur numéro 1 en chine, China Life affiche 26 % de part de marché. L’entreprise fonctionne avec un réseau de 1,5 millions agents exclusifs. Elle est parfaitement positionnée pour profiter des besoins en assurance et en épargne toujours plus importants des Chinois. »

mes-placements.fr : Les États des pays émergents sont endettés en partie en dollar. Ils sont donc sensibles à l’appréciation de la monnaie américaine. Avez-vous mis en place des couvertures pour vous prémunir d’une variation trop importante du dollar ?

Sébastien de Frouville. Ce sont des évolutions difficiles à anticiper. Nous avons donc fait le choix de ne pas mettre en place de couvertures. Dans notre méthodologie d’investissement, nous veillons cependant à ce que la croissance des bénéfices d’une entreprise ne soit pas trop dépendante de l’évolution d’une devise. La performance du fonds peut être affectée par l’évolution du dollar sur une courte période mais généralement pas tellement à long terme. Les devises ne doivent pas écarter le facteur de performance numéro 1 d’un fonds qui est de bien choisir les entreprises sur lesquelles investir.


La question de l’expert

mes-placements.fr : Quel a été l’impact des programmes Shanghai et Shenzhen Hong-Kong Stock Connect lancés en 2014 et 2016 ?

Sébastien de Frouville. C’est l’un des éléments les plus marquants des 5 dernières années dans les pays émergents. Depuis le lancement du « Stock Connect » les investisseurs étrangers ont la possibilité d’investir directement en actions chinoises libellées en monnaie locale, le renminbi. 1 500 nouvelles entreprises (Actions « A ») sont donc devenues accessibles aux investisseurs internationaux. Pour notre part, nous en avons ajouté 7 à notre univers d’investissement. Sans surprise, 4 des 5 meilleurs performances du fonds Magellan sur 3 ans* sont l’œuvre d’entreprises chinoises.  

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*période du 27/2/2015 au 28/2/2018

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