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Louis Bert (Dorval AM) : « Le marché peut connaitre des phases de stress »

En réponse aux incertitudes en Italie, le gérant de Dorval Convictions n'a pas hésité à faire varier le taux d'exposition du fonds au marché actions.

Achevé de rédiger le 05/06/2018

louis bert dorval am

Lancé en 2007, Dorval Convictions est un fonds ayant pour objectif de s’adapter à différents contextes de marché. Suivant une gestion « Top Down » qui met en avant l’importance de l’analyse macro-économique, ce fonds flexible peut être investi de 0 % à 100 % en actions européennes en fonction des anticipations de ses équipes. Une flexibilité qui peut l’amener à couper complètement ses positions « actions », comme en 2008, ou être pleinement investi comme ce fut le cas en 2010. Alors que la zone euro est entrée dans une phase de maturité de son cycle économique, est-il encore conseillé d’être investi sur les marchés actions ? Louis Bert, Directeur général délégué en charge des gestions de Dorval AM, livre son analyse.

mes-placements.fr : Comment se différencie le style de gestion mis en œuvre par le fonds Dorval Convictions ?

Louis Bert. Nous avons créé ce fonds pour répondre à deux questions que se posent les épargnants : est-ce le bon moment pour investir ? Et quels sont les thèmes d’investissement pertinents ? Pour cela nous faisons appel à des économistes avec l’objectif de tirer le meilleur parti des cycles économiques et des analystes financiers, capables d’aller chercher les entreprises qui ont une croissance supérieure à la moyenne.

mes-placements.fr : Vous adoptez une gestion flexible. Comment se matérialise-t-elle ?

Louis Bert. Notre stratégie est simple : nous gérons le timing sur les actions de la zone euro, avec une capacité à sécuriser le capital en le plaçant sur des produits de taux. Ce n’est donc pas un best of des classes d’actifs. Nos investissements sur les marchés actions peuvent aller de 0 % à 100 %. Cette gestion tactique se fait dans le cadre d’une volatilité maitrisée. Nous pensons que pour gagner de l’argent il faut d’abord éviter d’en perdre. L’esprit est donc que les épargnants aient moins de sensations fortes dans les phases de baisse des marchés.

mes-placements.fr : Comment sont prises les décisions d’investissement ?

Louis Bert. Notre processus de gestion repose sur 4 piliers :

  • le 1er concerne le scénario économique, avec l’objectif d’investir avec le cycle économique et non contre ;
  • le 2nd repose sur notre stock-picking. Nous investissons dans des entreprises en fonction de nos thèmes d’investissement prioritaires qui sont eux-mêmes la conséquence de nos scénarios économiques ;
  •  le 3ème est celui de la valorisation des titres et des classes d’actifs ;
  •  le dernier pilier repose sur la dynamique de marché. Cette étude nous permet de définir le moment où il est opportun de se positionner.
Une valeur appréciée par Louis Bert : Europcar : « Caroline Parot, la PDG d’Europcar, est en train de réussir la transformation du groupe. La valeur du titre est très attractive puisqu’il vaut à peine 7,5 fois ses résultats. Cette valorisation représente une décote importante par rapport à Sixt, l’un de ses principaux concurrents. Le loueur de véhicules Français a fait l'acquisition de son concurrent espagnol Goldcar, une opération dont les synergies sont évaluées à 40 M€ par an. »

mes-placements.fr : L’analyse macro-économique est un élément essentiel de la gestion du fonds. Quel regard portez-vous sur l’environnement actuel ? 

Louis Bert. Le cycle est arrivé dans une phase de maturité. Depuis le début de l’année, les chiffres macro-économiques (croissance, inflation…) sont très bien orientés. À tel point qu’on ne voyait plus très bien les points d’amélioration possibles. Cela a donné le sentiment aux investisseurs que les choses ne pouvaient que se dégrader, d’autant que les valorisations demeuraient relativement élevées. Le marché s’est donc focalisé sur ce qui allait se détériorer. C’est dans ce contexte que les problèmes politiques en Italie ont éclos. Donald Trump a également généré du risque.

mes-placements.fr : Votre taux d’exposition aux « actions » est actuellement de 40 %. Pensez-vous changer vos positions au cours des prochaines semaines ?

Louis Bert. L’environnement économique nous oblige à être plus mobile sur notre taux d’exposition. En raison de la tension sur les taux d’intérêts italiens et le manque de visibilité sur la situation politique du pays, nous sommes passés d’un taux d’exposition de 50 % à 40 %. Ce mouvement est avant tout tactique et répond à un principe de précaution, le temps que les choses se règlent. Le marché peut connaitre des phases de stress. La ligue du nord et le mouvement 5 Étoiles, c’est un peu l’alliance de la carpe et du lapin. Leur accord est fragile. Mais « les hommes politiques finissent toujours par prendre les bonnes décisions, après s’être confrontés à la réalité ».

mes-placements.fr : Quelles sont vos thématiques d’investissement préférées sur les marchés actions ?

Louis Bert. Plusieurs thèmes d’investissement nous paraissent pertinents sur le long terme. La principale tendance concerne la numérisation croissante de l’économie. Indépendamment du cycle, les entreprises dépensent des sommes importantes pour réussir le virage du numérique. Notre portefeuille est également bâti pour profiter de la diffusion de la croissance mondiale sur les marchés émergents et de la maturité du cycle économique européen. En revanche, avec la crise italienne, nous sommes moins présents sur les financières. Historiquement, Dorval Convictions est peu investi dans les secteurs administrés.

Un titre sur lequel le fonds est investi - Solutions 30 : « Le groupe intervient en tant que sous-traitant des opérateurs de télécommunications pour des opérations d’installation, de maintenance et de service après-vente. Ses activités s’inscrivent dans la tendance des objets connectés. Ce groupe français est, par ailleurs, en train de prendre une envergure européenne, dans un secteur où la barrière à l’entrée est importante. »

mes-placements.fr : Comment expliquez-vous le début d’année assez timide du fonds Dorval Convictions ? 

Louis Bert. 2 des titres présents dans nos portefeuilles ont connu des difficultés. Dialog Semiconductor a vu son carnet de commandes réduit. L’un de ses principaux clients, Apple, ayant décidé d’internaliser une partie de sa fabrication de puces de gestion.

Le titre Norsk Hydro a aussi connu une baisse importante. Cette société qui œuvre dans le secteur des matières premières et notamment celui de l’aluminium a vu son site de production au Brésil touché par des pluies diluviennes. Une partie de l’eau de pluie a ensuite été déversée dans la nature, ce qui a provoqué des dégâts environnementaux. En conséquence, nous avons cédé l’intégralité de notre ligne sur ce titre.


Pour aller plus loin

mes-placements.fr : La partie du fonds investie en obligations est positionnée sur des titres de dettes de qualité : le minimum de notation est BBB (S&P). Ce positionnement restrictif ne vous prive-t-il pas d’un moteur de performance supplémentaire avec les obligations high yield ?

Louis Bert. Dorval Convictions peut détenir des produits monétaires ou obligataires ayant une duration inférieure ou égale à 1 an. Nous sommes très orientés sur le moteur « action ». Notre promesse de départ est de ne pas faire courir aux clients un risque de taux. La partie sécurisée doit donc jouer pleinement son rôle. Être absent du marché du high yield a effectivement pu nous pénaliser à une certaine période. Le fonds est mieux positionné pour faire face à un contexte de remontée de taux.


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