Recevez une
documentation
par courrier

Impôt à la source : ce qui change pour vous

Défiscalisation, crédits d’impôt, épargne retraite ... retrouvez les principales conséquence du prélèvement à la source sur votre patrimoine en 2018.

Achevé de rédiger le 27/02/2018

calculatrice impots stylo main

Avec la mise en œuvre du prélèvement à la source à partir du 1er janvier 2019, 2018 est une année blanche. Au cours de cette année de transition, réaliser des versements sur ses contrats d’épargne retraite se relève moins intéressant. Par contre, les dispositifs de défiscalisation (FCPI, FIP, Sofica) conservent toute leur efficacité.   

Comment défiscaliser en 2018 ?

La mise en œuvre du prélèvement à la source et l’application d’une année blanche ne remettent pas en cause le bénéfice des réductions et des crédits d’impôt.

Les crédits d’impôt

Aucun changement n’est apporté au fonctionnement des crédits d’impôt. Ils continueront d’être versés aux contribuables avec une année de décalage. En 2019, les particuliers recevront ainsi les crédits d’impôt pour les investissements réalisés en 2018, et en 2020 ceux dus au titre de 2019.

Précision : pour les services à domicile et garde d’enfant de moins de 6 ans, le versement d’un acompte de crédit d’impôt est prévu au premier trimestre 2019. Il sera égal à 30 % du crédit d’impôt de l’année précédente. Le solde sera, quant à lui, versé en septembre 2019.

Les réductions d’impôt

En 2018, les épargnants peuvent toujours bénéficier des avantages fiscaux réalisés grâce à leurs investissements dans des dispositifs de réduction d’impôt. Ils seront restitués par l'administration fiscale, au plus tard, à la fin de l’été 2019.

Cela concerne notamment :

  • les dons aux associations ;
  • les investissements immobiliers locatifs de type Pinel ;
  • les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) ;
  • les fonds d’investissement de proximité (FIP) ;
  • les sociétés de financement de l’industrie cinématographique (Sofica)…

Exemple : vous réalisez en 2018 un investissement de 1 000 € pour acquérir des parts de FIP Corse ouvrant droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 38 %. Le montant de votre avantage fiscal, soit 380 €, vous sera remboursé en septembre 2019 par l’administration fiscale.

À noter : une déclaration d’impôt reste nécessaire au printemps de chaque année pour faire le bilan de l’ensemble de vos revenus. Cela vous permettra de communiquer à l’administration fiscale les dépenses et investissements vous permettant de bénéficier d’un avantage fiscal.

                                                                           Pour réduire ses impôts cette année

Contrats d’épargne retraite : les stratégies à adopter

Les dépenses et investissements déductibles de vos revenus imposables (épargne retraite, travaux immobiliers, pensions alimentaires…) présentent moins d'attraits en raison de « l’année blanche ».

Perp : faut-il verser en 2018 et en 2019 ?  

Chaque année, les épargnants peuvent déduire de leur revenu global les sommes qu’ils ont versés sur un plan d’épargne retraite populaire (Perp). Mais avec l’application de l’année blanche en 2018, ces cotisations ne procurent aucun avantage fiscal, sauf à disposer de revenus exceptionnels (plus-values mobilières, plus-values immobilières, indemnités de rupture …).

Les épargnants auraient pu être tentés de reporter leurs versements en 2019. Pour les en dissuader, le législateur a préféré manier le bâton plutôt que la carotte en votant un amendement assez contraignant.

La loi prévoit que si les versements réalisés dans un PERP en 2018 sont inférieurs, à la fois à ceux de 2017 et à ceux de 2019, les versements réalisés en 2019 ne seront pas entièrement déductibles de vos revenus 2019. Le montant déductible de vos revenus 2019 sera alors égal à la moyenne des versements réalisés dans un perp en 2018 et en 2019.

Cette mesure oblige donc, en 2018, les épargnants à maintenir leur niveau de versement à un montant au moins égal à 2017 pour bénéficier pleinement des avantages fiscaux de leur contrat en 2019.


                                          Tableau récapitulatif des règles mises en place par l’administration fiscale pour le Perp
 Cas de figure
 2017
2018
2019
Montant pris en compte par l'administration fiscale en 2019
Bilan
Absence de versements
4 000 €
0 €
8 000 €
4 000 €
Vous ne pourrez donc déduire que 4 000 € de votre revenu imposable en 2019, soit la moyenne des versements réalisés en 2018 et 2019.
Diminution des versements
4 000 €
2 000 €
8 000 €
5 000 €
Vous ne pourrez donc déduire que 5 000 € de votre revenu imposable en 2019, soit la moyenne des versements réalisé en 2018 et 2019.
Maintien des versements
4 000 €
4 000 €
4 000 €
4 000 €
Vous pourrez déduire 4 000 € de votre revenu imposable en 2019. 2018 étant une année blanche, les 4 000 € versés en 2018 ne procureront aucun avantage fiscal (sauf revenus exceptionnels)
Augmentation des versements
3 000 €
7 000 €
5 000 €
5 000 €
Vous pourrez déduire 5 000 € de votre revenu imposable en 2019. 2018 étant une année blanche, les 7 000 € versés en 2018 ne procureront aucun avantage fiscal (sauf revenus exceptionnels). Fiscalement, il ne serait donc pas intéressant de verser plus en 2018 qu’en 2019.
Ouverture d'un contrat en 2018
-
2 000 €
8 000 €
8 000 €
Vous pourrez déduire 8 000 € de votre revenu imposable en 2019. 2018 étant une année blanche les 2 000 € ne vous procureront aucun avantage fiscal (sauf revenus exceptionnels).

Pour les contribuables qui subissent l’application du dispositif, l’avantage obtenu en maintenant leurs investissements en 2018 ou en les décalant à 2019 est alors identique.

Quels sont les épargnants qui ont intérêt à verser en 2018 ?

  • ceux disposant de revenus exceptionnels, même si l’avantage sera moindre que lors d’une année normale ;
  • ceux ayant réalisé de faibles versements en 2017, afin de profiter pleinement de la déductibilité de leurs versements en 2019. C’est par exemple le cas d’un épargnant qui a alimenté son Perp à hauteur de 1 000 € en 2017. Si verser la même somme (soit 1 000 €) en 2018 ne lui procurera aucun avantage fiscal, en l’absence de revenus exceptionnels, cela lui permettra cependant de se libérer des contraintes de l’amendement et ainsi profiter librement des avantages du Perp en 2019.


Madelin : un intérêt à maintenir ses versements en 2018

Année blanche oblige, les versements réalisés en 2018 sur un contrat Madelin ne procureront aucun avantage fiscal, sauf en présence de revenus exceptionnels. Et comme pour le Perp, le gain fiscal ne sera pas nul mais limité à proportion des revenus exceptionnels dans le revenu global, soit un avantage moins élevé que lors d’une année d'imposition classique.

Cependant, pour ceux qui ont effectué des versements Madelin les années précédentes, il est préférable de ne pas réduire ou supprimer leurs versements et cela pour deux raisons :

  • le Madelin prévoit une obligation de versement. Les épargnants sont tenus de verser chaque année une somme minimale (1656,82 € en 2018) sur leur contrat. En cas d’interruption des cotisations, l’adhérent pourrait être amené à réintégrer dans son bénéfice imposable les trois dernières déductions fiscales annuelles ;
  • les sommes non versées sur le contrat Madelin pourraient engendrer un revenu exceptionnel qui serait alors taxable à la condition que la rémunération imposable soit supérieure au plus haut des 3 années précédentes.


L'avis de mes-placements.fr


Les différentes mesures présentées dans cet article ont été rédigées en se basant sur les communications faites par le ministère de l'Économie et des Finances. Simple sur le papier, le prélèvement à la source est pourtant complexe à mettre en oeuvre pour les équipes de Bercy. Les modalités d'application prévues initialement sont donc encore susceptibles d'évoluer.


mes-placements.fr

Les actualités de l'épargne et du patrimoine

Découvrez les dernières actualités