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EOS Allocations : Baisse des marchés, que faire ?

Retrouvez le point de vue marché de notre partenaire EOS Allocations, spécialiste en allocation d'actifs indépendant concernant la baisse des marchés.

Achevé de rédiger le 17/03/2020

La communication que nous avons faite début mars doit être actualisée vu l’ampleur de la baisse des marchés. Les 4 semaines que nous venons de vivre sont sans précédent dans l’histoire boursière. Voici les baisses entre le 19 février (pic de marché) et le 12 mars :

Le passage de l’épidémie chinoise à la pandémie a mis le feu aux poudres. Les secteurs les plus sensibles à l’activité économique sont les plus touchés comme le montre le tableau ci-dessous :

Pourquoi les marchés baissent autant et surtout jusqu’où cela peut il aller ?

Soyons clairs, personne n’est capable de dire quel sera le point bas potentiel. En effet, l’analyse fondamentale a besoin de chiffres. Or, à ce jour, nous en manquons cruellement. La baisse est allée trop vite. Ainsi, nous ne pouvons que tenter de batir des scénari plus ou moins plausibles. Les marchés sont en mode panique et dès lors peuvent baisser encore plus bas.
Essayons d’analyser la situation avec sang-froid :


  • La macro-économie : c’est l’incertitude totale. Avec le confinement de l’Europe, il est difficile de dire de combien va chuter le PIB. -2%, -5%, -10% ? Au-delà de la chute instantanée, combien de temps cela va-t-il durer ? A ce stade, les mesures de soutien massif de la part des banques centrales (la Federal Reserve américaine a annoncé un plan de rachat d’actifs de $700 milliards et a abaissé ses taux de 1.5% en quelques jours) et des gouvernements (les plans de relance se succèdent) sont impressionnantes mais ne suffisent pas à calmer les marchés. Le cas des Etats-Unis inquiète car aucune mesure sérieuse n’est prise. L’épidémie pourrait donc y durer plus longtemps qu’en Europe. En résumé : trop d’incertitude sur l’ampleur et la durée de la contraction de PIB. Mais attention aux conteurs d’apocalypse, qui se présentent toujours vers la fin du mouvement de baisse.
  • La valorisation : Avec près de -40% de baisse en Europe, les niveaux de valorisation sont revenus sur des niveaux plus acceptables. Cela étant dit, les bénéfices des entreprises vont baisser en 2020. Goldman Sachs estime que les bénéfices devraient baisser de -15% cette année. Si tel est le cas, avec -40% de baisse des marchés, les valorisations se sont améliorées de 25%. Sans être ultra attractifs, ces niveaux sont intéressants pour le moyen/long terme. Sur les obligations d’entreprises, l’investisseur est enfin payé pour le risque.
  • Le contrariant (acheter au son du canon et vendre au son du violon) : Les niveaux de panique sont au plus haut. Le VIX, le fameux indice de la peur, a franchi le niveau de 80, soit le plus élevé depuis près de 10 ans. Lorsqu’il franchit 30, c’est le plus souvent un excellent niveau d’achat. Les investisseurs sont passés d’ultra optimistes en janvier à ultra pessimistes. Selon l’investissement contrariant, c’est un point d’entrée exceptionnel.

Dès lors, faut-il vendre ou acheter ?

  • A -40%, il nous semble très compliqué de vendre. Certes on peut aller encore plus bas et il est même très probable que le marché aille tester plus bas. En effet, tant que le pic épidémique n’est pas atteint en Europe et que l’on n’en sait pas plus sur les US, les nouvelles ne seront pas bonnes. D’un autre côté, vu le soutien massif des banques centrales (même si la BCE a été un peu timorée) et des gouvernements, la reprise boursière pourra être forte. N’oublions pas que ceux qui ont coupé après la faillite de Lehman Brothers en octobre 2008 et qui se sont réinvestis petit à petit fin 2009 ou 2010 ont perdu de l’argent.
  • A l’inverse, difficile de revenir massivement pour les raisons précitées. Oui le rebond sera fort mais à partir de quel point bas ? Il faut d’autant plus rester prudent que les mauvaises nouvelles sur l’économie ne manqueront pas d’arriver.
  • Cela étant dit tout à un prix et les périodes de krach ont toujours été des moments propices à l’investissement.
  • Les conseils à donner dépendent de votre niveau d’investissement et de votre profil de risque.
    1. Vous êtes déjà complètement investis sur les marchés. Mieux vaut réduire la voilure d’un tiers afin de revenir lorsque nous aurons plus d’information (pic épidémique).
    2. Vous êtes relativement peu investis sur les marchés compte tenu de votre profil de risque, c’est-à-dire, en schématisant, 25% d’actifs actions ou assimilés (à ne pas confondre avec UC) pour un profil prudent, 40% pour un Equilibre et 60% pour un profil dynamique. Vous pourriez dès lors soit renforcer dans la baisse en plusieurs fois (investissement progressif) soit attendre le pic épidémique ou du moins plus de visibilité pour renforcer plus fortement quitte à investir 15 ou 20% au-dessus du point bas. Attention il serait illusoire de penser qu’on peut capter le point bas surtout en cette période.

Pourquoi de nombreux gérants n’ont pas ou peu réagi ?

  • L’histoire boursière a connu un précédent : l’épisode SRAS en 2003. A cette époque les marchés financiers mais surtout les marchés chinois ont baissé de l’ordre de -15% et la perte a été récupérée en quelques mois. Par ailleurs l’impact sur l’économie mondiale a été inférieur à -0.1%. En se fondant sur ces faits, nombre de gérants ont sous-estimé l’impact.
  • La baisse a été si violente qu’il a été difficile de réagir. D’autant plus que juste avant la crise sanitaire, les indicateurs avancés de l’économie prédisaient un rebond après un ralentissement douloureux de l’activité (cf production industrielle allemande).

En conclusion :

  • La situation est exceptionnelle : entre – 30% et -40% sur les actions européennes en moins d’un mois.
  • A moyen terme, le point d’entrée est intéressant mais à court terme très difficile de dire s’il faut revenir sur les marchés. Comme le note Morgan Stanley, le couple rendement/risque s’améliore fortement.
  • Il faut respecter son profil de risque et son horizon d’investissement.
  • Couper ou revenir massivement sur les marchés est à prohiber. Pour les portefeuilles/profils sous investis un investissement progressif est conseillé.

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